Hors Champ

septembre-octobre 2020

Carnets de départ 3

Heureux soit l’oubli

Lettre entrouverte à Jean Pierre Lefebvre

par Simon Galiero
11 septembre 2020

Le voyage de retour {JPEG}
Cher Jean Pierre, j’aimerais t’entretenir des 3 dernières anecdotes te concernant en tant que cinéaste ; je veux dire celles, très partielles, venues à mes oreilles et à mes yeux. Tu connais très bien la première, peut-être moins les 2 autres. Au premier abord, elles ont une odeur un peu aigre, mais si je te les partage, c’est que je crois qu’elles constituent en fait une excellente nouvelle : tout le monde ne t’aime pas. D’abord parce que personne n’est aimé par tout le monde, évidemment, mais aussi parfois parce qu’il y a ce quelque chose dans l’air qui agrège certains comportements, les fais voler en batterie comme de petits escadrons. Il semble même que plus ces comportements partagent la même odeur, plus ils s’agglutinent. Que ce soit un restaurateur et programmateur, un cinéaste, un auteur. J’avais constaté il y a longtemps que c’est le lot des véritables amitiés que de nous transformer en ambassadeur, bon gré mal gré, qui prendra pour lui et sur lui les réticences, les snobismes, les ouï-dire qui ciblent ceux ou celles avec qui il échange la solidarité mutuelle d’une amitié. Et ce même si cette solidarité, cette affection, est faite de contradictions et de disparités ; peu importe puisque l’essentiel est de s’être vu, s’être vu vraiment, au-delà de toute énonciation consciente, à tel point que les opinions, les idées, les préférences et les affects ne pourront en rien entamer cette reconnaissance.

Mais revenons tout de suite aux anecdotes que je veux évoquer, à commencer par la seule à laquelle tu as été mêlé directement. C’était concernant une coupe effectuée au générique d’Il ne faut pas mourir pour ça. Tu avais remarqué, durant une projection du film à Winnipeg en 2016, qu’un bruit d’avion qui se prolongeait dans le générique de fin - dans un noir au-delà du mot « Fin » - avait été coupé dans la copie numérisée issue de la restauration d’Éléphant. Le motif ? On t’avait informé que « la télé ne veut pas de noir » ! Dans un film de 1967, destiné à la location de films de répertoires du patrimoine, les standards télé (qui plus est de la télé « à la carte ») ne tolèrent pas un « noir » de 20 secondes au générique. Un compromis avait alors été accepté : prolonger le mot « Fin » de quelques secondes, de manière à préserver le bruit de l’avion, qui faisait partie de ton film, et contribuait au sentiment final que tu voulais procurer (évoquant notamment un des personnages quittant le protagoniste pour un autre continent). Constatant, quelques mois plus tard, sur l’écran de la Cinémathèque, que la correction n’avait pas été apportée, tu t’étais enquis de la situation auprès d’Éléphant, avec une politesse extrême dont je suis témoin : dans l’esprit annoncé que la restauration des films soit conforme aux originaux, tu leur demandais avec doigté pourquoi n’avoir pas effectué la correction convenue et persister à « couper court à ce son d’avion, qui a une grande importance dramatique en plus de clore harmonieusement le film ». Grand mal t’en a pris. J’étais à l’époque en tentative de contact avec eux, à la suite de la découverte d’On n’engraisse pas les cochons à l’eau claire, grâce à une employée de la Cinémathèque qui l’avait programmé et sorti des boules-à-mites. Un de tes 2 ou 3 films les plus réjouissants à mes yeux, avec Avoir 16 ans et Il ne faut pas mourir, et qui restent pour 2 d’entre eux hors de portée de tout spectateur. Ta demande pour rétablir l’intégrité d’Il ne faut pas mourir pour ça venait d’énerver la patronne, et désormais cela achevait brutalement le cours des restaurations de tes films. Elle l’avait pris comme un affront personnel et désirait te punir, se servant à cette fin d’un instrument de la mémoire collective.

Passons à la deuxième anecdote. Après ton passage dans un jury de pair il y a quelques années – un des derniers du genre si je ne me trompe pas – un cinéaste bon chic bon genre bien en vue, qui avait vu son projet refusé par ce jury, dispensait partout à qui voulait l’entendre ce mot d’ordre venimeux à ton endroit : « Qui dégage c’t’ostie de vieux crisse-là », et autres formules que les gens d’honneur se font fiers de répandre bravement en coulisses pour « régler un cas ». Le cas en question n’étant jamais une parole contraire, issue d’un conflit philosophique ou moral, mais l’objet d’une pure guerre d’intérêt. Tu étais minoritaire sur ce jury, constitué de 2 autres pairs, et cette évaluation était par ailleurs la 3e ou même la 4e qui refusait son projet. Mais c’était sur toi, toi dont on peut ne pas aimer les films (à considérer qu’on les connaisse, plus de la moitié n’étant pas accessible) ni la personne (là encore…), mais à qui on doit reconnaître d’être un très rare authentique pionnier vivant du cinéma indépendant de fiction québécois. Un cinéma indépendant auquel je t’ai vu rendre hommage avec modestie et générosité, pour faire connaître d’autres œuvres que les tiennes auprès des étudiants de Concordia. Cela a duré près de 25 ans. Mais puisqu’il faisait son office en se cachant, laissons ce personnage gesticuler le long des murs d’égout et dans la lâcheté de son anonymat. Disons simplement qu’il y en aura toujours plein comme lui : sorte de Vincent Lacroix du film d’auteur, millionnaire s’adonnant en sideline à l’étalage d’images pseudo brutes visant à épater la tranche des 30-50 ans de la classe moyenne supérieure. Et singeant sans inspiration un cocktail très imitable assaisonné de naturalisme voyeuriste (ici emprunté au Kids de Larry Clark et aux cadres léchés d’Haneke), le tout avec une profondeur et un humour aussi inspirants qu’une allée de Home Depot.

Finalement gardons le meilleur pour la fin, cela concerne indirectement ton ouvrage récent : L’Homoman à la caméra (2017), qui t’avait été sollicité par un éditeur célèbre de Boréal. Un témoignage touffu et précieux dans lequel tu racontes ton expérience du cinéma ; ses images, son langage, sa technique, sa diffusion, sa production, sa réception publique et critique, son histoire, ses conflits, ses espoirs inassouvis. Dans les quelques mois qui ont suivi sa publication, je me souviens avoir effectué des recherches à 2 ou 3 reprises, espérant trouver des comptes rendus stimulants, des entrevues, des réflexions riches qui reprendraient au moins partiellement la balle au bond. Je ne trouvais rien, absolument rien. Jusqu’au jour où je suis tombé sur un seul article signé Ralph Elawani, publié sur le site de la revue Spirale. Un assez long texte te reprochant ton manque de structure, tout en slalomant lui-même à tâtons entre des notules de dictionnaires de films et des prémices de débats échevelées et brouillonnes, et où l’on peine très fort à trouver une pensée et une morale personnelles. Par ailleurs, l’article se concluait ainsi : « Le (vrai) fond de cet essai méritait mieux que la forme imposée par les poncifs élégiaques et le type de radotage qui accompagne les beignes et le café dans les congrès du grand parti de la révolution en marche(tte). ». Voulant terminer sur une formule choc aussi drôle et grinçante que le beigne, le café, les congrès et le « grand parti » (?) de sa formidable saillie, voilà que l’auteur décochait sa flèche ultime, visant courageusement une cible dont il appelait son lecteur potentiel à rigoler avec lui : ton âge avancé, celui du radotage et des marchettes. Certes, il devait savoir que tu es « vieux » (bientôt 80). J’imagine cependant – mais on ne sait jamais – qu’il ne se doutait pas que tu avais subi un 2e ACV en quelques mois, et que depuis un an ou deux tu luttais vaillamment en clinique, probablement avec des marchettes, pour retrouver ta mobilité et l’usage normal de la parole. Qu’il l’ait su ou non, cela ne change absolument rien... Et au moins, cela offrait l’avantage des dialogues aux ciseaux de ces westerns ou films noirs, qui révèlent en une seule phrase la médiocrité morale d’un personnage.

C’est d’ailleurs avec la même rapidité que j’ai pu achever de mesurer qui était celui qui te traitait ainsi : pas plus de 5 ou 10 minutes, survolant quelques pages Google ici ou là, avec la même énergie qu’il avait déployé à saisir et rendre compte de ton regard, de ton œuvre et de ton expérience de plus de 50 ans de cinéma et d’écriture. J’y ai d’abord découvert une sorte de wannabe tous azimut, visant à faire carrière dans toutes les revues, à tous les micros et tous les râteliers. Le tout armé de superbes apparats trendy, notamment une sorte de cravate à pois surmontée d’une tête de hipster. Je me souviens même avoir aperçu un nœud papillon ! Qui sait : si des marchettes peuvent aider les vieux révolutionnaires à se déplacer, un nœud papillon aide peut-être le « journaliste indépendant » et bourdonnant à prendre son envol, les lois de la physique étant parfois fantasques. Par exemple celles ayant fait de l’auteur en question un grand lauréat du prix de la bigoterie pour avoir flatté 99% de la fratrie culturelle dans le sens du poil et de ses intérêts, et dont il suffit de lire 10 lignes au hasard du texte qui l’a motivé pour constater un spectaculaire péplum de banalités faussement dissidentes. Follow the money. Suivons un autre type de monnayage, cette fois symbolique (cela a son importance dans nos petits marécages) : l’ouvrage qui investit dans une certaine branche de l’expérimental, le ghetto chic. J’ai eu la chance de côtoyer de près Stan Brakhage, il y a longtemps, pendant environ une semaine. Il te ressemblait infiniment plus que ces zombies en comité : tout simple, solitaire, bonhomme, généreux, inquiet de ses enfants et petits-enfants, capable de citer Ezra Pound en s’achetant un comic, tout comme tu es capable de passer de L’Impératrice Kwei-Fei à Foenkinos. Je prends le pari qu’il n’aurait pas été parfaitement heureux, et que tu ne l’es pas non plus, de ce type de carcans surspécialisés et son lot de gesticulations savantes pour esthêteux.

Au bout du bout, j’ai arrêté ma petite excursion après avoir entrelu un bref entretien avec l’auteur dans lequel on lui demandait quel était son critique ou théoricien préféré, et cette phrase éloquente qu’il prononçait dans sa réponse : « Plus près de chez nous, il y a Marcel Jean, surtout en ce qui a trait à son intérêt pour l’histoire des idées et de la critique. Je suis aussi heureux de voir qu’Helen Faradji est maintenant bien payée par Radio-Canada pour faire ce qu’elle sait faire. C’est précieux ce monde-là, faut en prendre soin.  ». Ce « prendre soin » m’a immédiatement semblé circonscrit à une zone lointaine de la vertu humaine qui prétendait en motiver l’emploi : ce n’était pas un « prendre soin » visant une parole, une pensée commune ou des amis indéfectibles, mais le « prendre soin » d’une stratégie globale et malheureusement bien partagée, au bout de laquelle il faut aussi – et peut-être même surtout - être bien payé. Au sens le plus large du terme. Cela me semblait cohérent avec une autre phrase, qui me permet un dernier retour au texte initial dans lequel il « rendait compte » de ton livre. C’était un peu avant la fin, après avoir qualifié gratuitement et sans aucune analyse ton témoignage de « galimatias morbide », alors qu’il déplorait que ton livre fasse partie de la collection Liberté grande de Boréal (dont, je suis sûr, tu ne soupçonnais même pas l’existence avant d’y être invité par une sorte de hasard qu’on ne décrira pas ici, et qui relève bien peu de tes affinités avec le beau monde). Je le cite : « Dommage pour un ouvrage rudement bien encanaillé au sein de la collection Liberté grande, parmi des publications méritoires comme La main gauche de Jean-Pierre Léaud, d’André Habib (Prix Spirale Eva-Le-Grand 2015-2016), et Ma vie rouge Kubrick, de Simon Roy. ». Peu importe les ouvrages et les auteurs dont il voulait faire l’éloge sur ton dos (et que je n’ai pas lu), tout ici est dans ce « rudement bien encanaillé » complice qu’il faisait gigoter aux yeux de tous, histoire de s’emmagasiner un type de bons points en adéquation parfaite avec l’ensemble de sa démarche. Jean Pierre, je suis sûr que tu te souviens de cette célèbre phrase, un truc comme : « Quel con voudrait faire partie d’un club qui l’accepte comme membre ? ». Ne pas faire belle figure dans tous ces brands intellos, cette galaxie d’enluminures sous cloche (« Spirale », « X P Q. », « Liberté grande », le Glitch Art ou le Savon de Marseille) te rend, évidemment, bien plus intéressant. Par ailleurs, que peut-on dire de la morale de quelqu’un qui - en plus de ses attaques ad hominem sur le physique et l’âge, ainsi que son absence de respect pour des gens qui ont vécu et produit bien plus que lui – démontre toute sa religiosité pieuse pour la « belle collection ». Le beau cadre. La belle image. Celle qui fige le lieu privilégié où se roucoule la prose précieuse des belles têtes. Ce lieu où il y a les encanaillés, puis les autres. Puis lui, l’entremetteur papillonnant, dans la bande des beaux ; tout remué par son envie d’y être, rêvant de prélever la taxe du middle man. Celui qui n’assure même pas la publicité des objets eux-mêmes, mais la mise en scène de l’exclusivisme sectaire de l’image de marque. La grandeur des œuvres et le surpassement existent, tout ne se vaut pas, mais les valeurs qui se partagent et nous grandissent se mesurent et se présentent bien autrement.

Dans ton livre, peut-être as-tu fais des juxtapositions déplacées, voir même de mauvais goût, et donc tout à fait délicieuses. Convoquant tes petits souliers crottés de la campagne sur l’élégant tapis moelleux de la collection « Liberté grande ». Quel bonheur. Je n’ai jamais réussi je crois à décrire, chez toi, cette profonde intelligence des choses, concrète et ludique, qui semble parfois approcher le simplisme avant de faire apparaître quelque chose d’essentiel, parfois puissant, toujours aiguisé et d’une extrême acuité derrière un abord faussement naïf. Si un jour quelqu’un ou quelqu’une trouvait la formule juste en une phrase, il n’y aurait plus rien d’autre à dire sur ton œuvre. Les fulgurances et les failles de tes films sont laissées là, honteuses, fières, assumées. Elles n’appartiennent à personne d’autre. Je soupçonne que c’est une marque des gens honnêtes que d’exhiber sans le faire exprès le caractère unique de leurs failles. Quelque chose qu’a accepté de traverser le public le plus souvent discret et intelligent que j’ai observé apprécier tes films, et que je n’ai jamais vu entretenir une idolâtrie intéressée à leur endroit, mais plutôt le désir d’embrasser l’exigence d’un véritable dialogue. Plus de 30 films dressés comme des menhirs, avec toutes leurs qualités et leurs défauts, des images uniques, des audaces, de l’air des temps, des afféteries, des choses remarquables et pitoyables, ton époque, ta culture, tes cinémas. Et toi, fait du même bloc, comme tous les êtres entiers parfois un peu exaspérant, peut-être capricieux ici et là, fier comme un enfant. Gêné comme un enfant aussi. Je me souviens de cette projection de Q-Bec My Love en 2005 à la Cinémathèque ; à la fin tu étais rouge comme une tomate devant « cette affaire-là », et nous demandait pudiquement la permission d’assister à une discussion qui suivait le film, comme si tu venais de commettre une sorte de crime à la fois désiré et involontaire. Je me souviens seulement de toi au milieu de l’assemblée, détournant le sujet en évoquant la poésie des prouesses de Kovalev avec le CH.

Je t’ai vu aussi nombre de fois douter de ta pertinence, clamer ne plus avoir ta place, évoquer des réserves sur le côté « rimbaldien » de certains de tes films. Ceux-là même pour lesquels tu n’as eu besoin d’aucune marchette depuis l’Homoman, dilapidant tes piastres et tes fonds de poche. Pas de marchettes non plus pour produire tes collègues, avec une abnégation inédite, t’investissant avec eux et rendant cenne pour cenne même quand la redevance surgissait 30 ans plus tard. Aucune marchette non plus quand tu es venu occuper les bureaux de l’ancêtre de la SODEC en 74. Pas plus de marchettes quand tu présidais l’ARRQ, et que tu me faisais secrètement hurler de rire quand j’imaginais la tête de corporatistes ébahis des « professionnels de la profession » lorsqu’ils recevaient tes lettres sur l’imaginaire et le sens des images. Pas à la portée du premier lépidoptère venu, tout ça... Tu n’as pas eu besoin de marchette non plus en donnant spontanément ton amitié à un jeune inconnu à peine sorti de l’adolescence, révolté, confus et bête. Et une véritable amitié, d’un type qu’on est chanceux de rencontrer une seule fois dans une vie, qui mise sur le lien plus que sur la perte, faite de cette quête permanente de réciprocité. Comment amener quelqu’un à reconnaître son devoir à se passer de marchettes, si ce n’est en lui offrant le simple don d’une réciprocité désintéressée, coriacement entretenue en même temps qu’établie sans contraintes et sans suspicions. Je serai chanceux si je retrouve un jour, dans le “milieu”, ce type de camaraderie extravagante. Depuis que tu ne peux plus faire de la route comme avant, évidemment, nul n’est plus là pour débarquer à tous les mois, filer chez Arakhova manger une poutine et des calmars pour parler de Howard Hawks, conclure sur P.K. Subban, se délecter d’une fumette illicite, faire un hug et repartir en faisant le clown. Tu m’as inclus, parmi d’autres, dans la dédicace de ton livre : nous savons tous les deux que ce n’est ni de l’ordre de la flatterie ou de la réputation (la mienne a par ailleurs un cours vraiment très médiocre, et la tienne aussi j’ai bien peur), mais plutôt de la reconnaissance du vécu et de la force de cette réciprocité sur une durée aussi longue. Bien loin du reflet des miroirs aux alouettes, ou aux papillons. On constatera, en revanche, tout le fatras de marchettes si nécessaires au kit de survie du bon lèche-bottes, et tout ce qu’a de profondément grabataire cette soumission fébrile aux tactiques mondaines.

Finalement cher Jean Pierre, ce que je m’apprête à te dire en conclusion, comme tout ce que j’ai dit précédemment, n’aura aucune incidence. Demain, le soleil se lèvera, le vent soufflera, et les imbéciles feront ondoyer leur plumage de strass dans les 5 à 7. Comme nous tous, mais en nous devançant probablement un peu, peut-être commenceras-tu à disparaître (lentement, très lentement). À l’image de ton très joli dernier petit film, Le voyage de retour, où à la toute fin un simple bonhomme de neige prend tes traits, puis commence à fondre au gré des jours, dans une forme qui se dissipe humblement, par à-coups, d’un sourire joyeux à… À autre chose. Une sorte de printemps après la vie. Arrivé de l’autre côté, je t’imagine parfaitement reprendre ce patin solitaire que tu aimais tant faire avant tes premières défaillances. Encore un concept sans marchettes… Je t’imagine tournoyer modestement dans une sorte de déséquilibre gracieux, sur la patinoire cahoteuse d’une petite aréna déserte des Cantons de l’Est, pour y délester les qu’en dira-t-on. Puis le mot « Fin », peut-être même quelques secondes de noir et un son d’avion qui s’éloigne.

Le voyage de retour {JPEG}
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ISSN 1712-9567
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