Hors Champ

septembre-octobre 2020

Pour Angela Ricci Lucchi

La danse des esprits

par Scott Macdonald
janv.-fév / mars-avril 2018 13 avril 2018

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Diario Africano (1994)

Gianikian et Ricci Lucchi. Angela et Yervant.

Une collaboration dans la vie, et une remarquable et prolifique collaboration artistique.

Hélas.

Passer du temps avec Angela et Yervant fut toujours une expérience mémorable.

Quelque chose comme une expérience spirituelle.

D’abord, lorsqu’ils vinrent au Utica College dans l’État de New York à la fin des années 80, pour présenter leurs « films parfumés ». Pendant que le public était rivé à l’écran, Angela et Yervant faisaient « jouer » des senteurs sur des brûleurs Bunsen, du fond de la salle ombragée.

Puis, au Festival de Toronto, où eu lieu la première projection de Du pôle à l’équateur (1987), un chef d’œuvre magique—toujours pas disponible en DVD ni en Blu-Ray.

Et enfin, même si ce ne fut pas la dernière fois, en juin 1992, quand Patricia et moi avons visité Angela et Yervant à Milan, pour l’entrevue qui parut dans A Critical Cinema 3. Nous avons passé plusieurs jours avec eux, et un de ces jours, ils nous amenèrent dans un petit village du Piémont pour voir une ruine (d’un bordel !) qu’ils venaient d’acheter et qu’ils voulaient transformer en studio. Ils nous ont ensuite invité dans une osteria pour souper — avant de nous rendre compte que la salle avait été réservée pour une noce. Le gérant demanda aux personnes qui s’y trouvaient s’ils acceptaient que nous puissions nous joindre à eux — et ils acceptèrent.

Nous avons partagé ce qui demeure encore aujourd’hui un des plus merveilleux repas de ma vie — un de ces banquets italiens avec d’innombrables services avec plein de temps pour danser entre chacun d’eux. La musique était agréable et Patricia et moi nous sommes levés pour danser, avec le soutien chaleureux des mariés (et sans doute à l’étonnement d’Angela et Yervant, qui étaient toujours si calmes et réservés). Au cours de la danse, cette photo a été prise de nous, soit par Angela ou Yervant, je ne me souviens plus.

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Pour moi, ces figures fantômatiques ont toujours incarné le lien qui unissait notre couple, mais aussi celui du couple exceptionnel qui avaient été nos hôtes et dont les films ont toujours été si singuliers — tout autant que les liens qui liait notre couple au leur.

J’espère que l’esprit merveilleux d’Angela continue de danser, où qu’il soit.


Traduit de l’anglais par André Habib

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