Hors Champ

janv.-fév/mars-avril 2018

Pour Angela Ricci Lucchi

La danse des esprits

par Scott Macdonald
janv.-fév / mars-avril 2018 13 avril 2018

PNG - 2.4 Mo

Diario Africano (1994)

Gianikian et Ricci Lucchi. Angela et Yervant.

Une collaboration dans la vie, et une remarquable et prolifique collaboration artistique.

Hélas.

Passer du temps avec Angela et Yervant fut toujours une expérience mémorable.

Quelque chose comme une expérience spirituelle.

D’abord, lorsqu’ils vinrent au Utica College dans l’État de New York à la fin des années 80, pour présenter leurs « films parfumés ». Pendant que le public était rivé à l’écran, Angela et Yervant faisaient « jouer » des senteurs sur des brûleurs Bunsen, du fond de la salle ombragée.

Puis, au Festival de Toronto, où eu lieu la première projection de Du pôle à l’équateur (1987), un chef d’œuvre magique—toujours pas disponible en DVD ni en Blu-Ray.

Et enfin, même si ce ne fut pas la dernière fois, en juin 1992, quand Patricia et moi avons visité Angela et Yervant à Milan, pour l’entrevue qui parut dans A Critical Cinema 3. Nous avons passé plusieurs jours avec eux, et un de ces jours, ils nous amenèrent dans un petit village du Piémont pour voir une ruine (d’un bordel !) qu’ils venaient d’acheter et qu’ils voulaient transformer en studio. Ils nous ont ensuite invité dans une osteria pour souper — avant de nous rendre compte que la salle avait été réservée pour une noce. Le gérant demanda aux personnes qui s’y trouvaient s’ils acceptaient que nous puissions nous joindre à eux — et ils acceptèrent.

Nous avons partagé ce qui demeure encore aujourd’hui un des plus merveilleux repas de ma vie — un de ces banquets italiens avec d’innombrables services avec plein de temps pour danser entre chacun d’eux. La musique était agréable et Patricia et moi nous sommes levés pour danser, avec le soutien chaleureux des mariés (et sans doute à l’étonnement d’Angela et Yervant, qui étaient toujours si calmes et réservés). Au cours de la danse, cette photo a été prise de nous, soit par Angela ou Yervant, je ne me souviens plus.

JPEG

Pour moi, ces figures fantômatiques ont toujours incarné le lien qui unissait notre couple, mais aussi celui du couple exceptionnel qui avaient été nos hôtes et dont les films ont toujours été si singuliers — tout autant que les liens qui liait notre couple au leur.

J’espère que l’esprit merveilleux d’Angela continue de danser, où qu’il soit.


Traduit de l’anglais par André Habib

Recherche

Mots-clés

Mots-clés liés a cet article:

Autres groupes de mots-clés

A lire également

  • Chronique télévision

    C’EST JUSTE DE LA TV

    C’est cette triple allégeance (au jugement a priori sur la télé, aux vedettes bouche-trou et au public-alibi), pourrait-on dire, qui mine dans son actualisation l’idée derrière C’est juste de la tv, par ailleurs assez séduisante. Mais cela ne devrait pas trop nous surprendre : dans la mesure où c’est tout le paysage télévisuel en mutation qui semble se plier volontairement à cette stratégie dialectique entre le Quidam et la Star, il est dans l’ordre des choses qu’une émission qui s’adresse au même public et se positionne tel un miroir face à ses goûts et dégoûts finisse par en reproduire les tics majeurs.

  • La mort de Louis XIV

    Cérémonies secrètes

    "C’est en fait par la sensualité que le roi et le spectateur avec lui s’échappent de l’enfermement dans cette chambre mortuaire et de l’impossibilité de regards échangés : rarement le hors champ n’aura signifié avec une telle force vitale le désir de sortir sauf peut-être chez le Bresson de Un condamné à mort s’est échappé."

  • FNC 2016

    BEY via CAI >> FNC

    L’expérience de la projection du long métrage « In the last days of the city » de Tamer El Said au Festival Nouveau Cinéma à Montréal en Octobre 2016

Nouvelles et liens

ISSN 1712-9567
copyright 2015

OffScreen       Conseil des arts du Canada   iWeb Technologies   Conseil des arts de Montréal