Hors Champ

mars/avril 2017

Manifeste pour un “cinéma processuel”

Votre "Film Farm"

Symposium créer/montrer/conserver

par Phil Hoffman
mai / juin 2016 25 juillet 2016

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Entrez par les grandes portes de la grange [1], sans
Croquis ni scénarios, accessoires ni acteurs.
Votre film émergera de la relation entre votre camera
Et ce qui passe devant. Toute la durée de l’atelier sera parfois nécessaire afin que vous vous débarrassiez de l’habitude de planifier, une habitude qui est devenue le seul modèle d’un cinéma conduit par l’économie.

Sans la couverture de la préconception, les processus de
Collection, réflexion, révision, sont à l’image de l’archéologie de votre formation.
Plongez dans les profondeurs à la rencontrer de ces étranges poissons qui fixent sans voir
Ou errez dans les champs pour découvrir de superbes bêtes.

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Les processus mentaux affectent le physique quand l’esprit est ouvert à ce qui se présente devant vous. Les images que vous créerez contribueront à votre architecture interne. Ne soyez pas surpris si un individu, un animal, un endroit, un objet vous dictent où aller. Ces voies peuvent être provocante, traitre ou joyeuse. Ce sont des endroits où vous devez aller, d’une façon ou d’une autre, donc aussi bien commencer votre voyage.

La camera porte le film, et attend que la lumière passe à travers la lentille. Quand vous relâchez la détente, un obturateur mécanique laisse rentrer l’image, mise au foyer par la lentille qui contrôle la quantité de lumière. Ce que vous filmerez sera soumis à d’incontrôlables jaillissements de soleil, et par la variété de tons et de textures que caressera votre camera. Devant le champ offert à vous, ces petits cadeaux peuvent avoir leur mot à dire dans la création de votre film.

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Hardwood Process (David Gatten, 1996)

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Shape of the gaze (Maia Carpenter, 2000)

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Strawberries in the Summertime (Jenn Reeves, 2014)

Dans la chambre noire, vous voyez l’image émerger. Le monde que vous avez filmé n’est pas plus grand que ce petit monde qui lentement apparaît. Le développement à la main repose sur une recette complexe de diverses forces. La chaleur, le temps, la lumière, le mouvement, concourent afin qu’un image, mystérieusement, se forme à travers la magie argentée du processus photochimique. Des “erreurs” de temps ou d’application peuvent rendre votre film opaque ou transparent, mais vous avez toujours une image latente qui brûle au fond de votre esprit, qui pourrait être retrouvée à l’occasion d’une autre expédition de tournage. D’autres « inconstances » peuvent décevoir vos attentes et vous amener à vous poser des questions que vous ne nous seriez jamais posées si tout s’était déroulé « parfaitement ».

Quitter l’atelier peut être aussi difficile que d’y entrer. Si vous y avez découvert une certaine intensité d’expérience il peut sembler que le monde normal auquel vous revenez est de travers… quand la perception change le familier devient étrange.

Retenir l’expérience lui permet de résonner pendant des mois en vous, et, espérons-le, nourrira le feu qui vous permettra de terminer votre film, et d’en initier de nouveaux.

- Philip Hoffman 2013

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Traduit de l’anglais par André Habib.

Notes

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