Hors Champ

septembre/octobre 2017

Dossier FIFM 1960-1967

ANATOMIE D’UN FESTIVAL

par Robert Daudelin
11 septembre 2010

Article paru dans la Revue de la Cinémathèque, juillet-août 1992, p. 8-12
Propos recueillis par Robert Daudelin

De 1960 à 1967, Montréal eut son premier festival de cinéma : le Festival international du film de Montréal. Prolongement de l’action des ciné-clubs et des petites revues de cinéma où se retrouvaient les cinéphiles des années 50, le FIFM demeure dans les mémoires comme un grand moment d’enthousiasme cinématographique. Pour témoigner de la place très particulière qu’a occupée ce festival dans Montréal, ville de cinéma [à la Cinémathèque québécoise], nous avons proposé à trois de ses principaux artisans d’évoquer à bâtons rompus les huit éditions du FIFM [1]. Qui étaient-ils à cette époque ?

Pierre Juneau, adjoint au Commissaire à la cinématographie, puis directeur de la production française à l’Office national du film, fut président du conseil d’administration du Festival aussi longtemps qu’il exista.

Guy L. Coté, cinéaste, collectionneur, critique et animateur de ciné-club, fut également membre du conseil d’administration du Festival durant huit ans, avec des responsabilités particulières vis-à-vis la programmation et les questions techniques.

Rock Demers, professeur et critique de cinéma formé à l’École normale supérieure de Saint-Cloud, fut directeur général du Festival de 1962 à 1967, tout en siégeant à son conseil d’administration.

Pierre Juneau [P.J.] : On peut évidemment faire remonter le projet du festival à très loin, aux ciné-clubs – notamment celui de l’ONF, rue McGill College – et aux revues, Images, Découpage. En 1959, le journaliste André Roche avait eu l’idée d’une Semaine du cinéma français et m’avait invité à siéger au conseil d’administration de la manifestation. C’était au cinéma Saint-Denis. René Clair y était venu avec une délégation française dirigée par Georges Cravenne d’Unifrance Film. Ce fut l’occasion du scandale de Montparnasse 19 : la censure avait refusé une scène d’amour entre Gérard Philippe et Anouk Aimée, et quelqu’un avait cru bon de la ponctuer par un carton qui disait : « Et ils unirent leur amour devant Dieu »… À la suite du succès de cette Semaine, et fort de la présence de Jacques Nicaud à la direction du bureau d’Unifrance Film à Montréal, Fernand Cadieux et moi avons eu l’idée d’un festival…

Nous sommes allés voir Robert Letendre de la Société des festivals de Montréal et lui avons demandé s’il accepterait d’accueillir un festival de films dans le cadre de son organisation, qui présentait du théâtre, des concerts, etc. Il a accepté et nous a prêté 5000$ pour démarrer, somme qu’on devait lui rembourser à même les recettes. Cette association dotée d’une organisation prestigieuse nous donnait une base pour lancer le projet, tout en nous laissant libres de devenir une société indépendante par la suite.

Rock Demers [R.D.] :Moi, je suis rentré à Montréal en août 1960, après un très long voyage autour du monde. Juste à temps pour le premier festival qui était dirigé par Germain Cadieux. Le conseil d’administration était déjà en place : Pierre Juneau, Guy L. Coté, Fernand Cadieux, Marc Lalonde et Claude Sylvestre [2].

Guy L. Coté [G.L.C.] :On avait, de fait, une équipe très diversifiée : entre Pierre qui présidait et qui possédait un sens politique très fin, Fernand qui était un peu le théoricien du groupe, Rock et moi qui avions un lien plus quotidien, plus terre-à-terre avec le cinéma, sans oublier Marc Lalonde qui était très présent dans le travail du conseil d’administration, il y avait là un équilibre très intéressant. Et c’est peut-être là la vraie raison du succès du projet : ce n’était pas seulement la réunion d’un groupe de personnes qui aimaient le cinéma et qui en mangeaient tous les jours…

P.J. : Fernand Cadieux n’était pas très réaliste. L’exécution l’ennuyait. Mais il était très réaliste dans l’intention ! Il était d’un entêtement magnifique. Il avait par ailleurs des espèces d’intuitions stratégiques sur la façon de faire bouger la société – aller chercher les gens, qu’ils soient mathématiciens ou médecins, qui puissent faire avancer les choses.

G.L.C. : Fernand, c’est lui qui donnait la dimension politique à notre projet, à notre action – la dimension qui dépassait la manifestation pour cinéphiles. Le festival aurait pu être une aventure strictement esthétique, un festival pour aficionados. Mais alors Fernand serait immédiatement parti.

P.J. : Faut pas se méprendre : Fernand adorait le cinéma, mais il pensait spontanément en termes socio-politiques. Il aimait trouver les mécanismes susceptibles de faire bouger la société.

Cinémathèque québécoise [C.Q.] : Au-delà de votre enthousiasme de cinéphiles, dans quelle mesure le projet était-il précis ?

P.J. : C’était très précis : on voulait faire éclater la situation du cinéma à Montréal. On voulait que ce soit une belle manifestation, bien entendu. Mais notre but, c’était de montrer aux gens qu’il y avait autre chose que ce qu’on voyait alors dans les cinémas de Montréal.

R.D. : Par la suite le Festival organisa aussi des semaines nationales (Hongrie, Italie, Suède) et des semaines internationales en dehors de Montréal (Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières, Moncton, London). Ce qui correspondait aussi à l’idée de faire éclater la situation du cinéma.

G.L.C. : Il y avait l’Élysée depuis un an ou deux, mais c’était un cinéma d’art et essai trop peu présent sur la place publique… Dans mon cas, et vu mon background de Franco-Ontarien qui avait connu l’Europe, c’était clair qu’on ne pouvait construire un Québec ayant un peu d’allure dans la situation que nous connaissions. Il fallait casser la censure. Ouvrir les portes. Il fallait à l’évidence quelque chose de très fort pour y arriver. Et le festival me semblait l’instrument idéal pour ce faire.

P.J. : Il y avait aussi – et c’est encore une fois beaucoup l’influence de Fernand Cadieux – un projet culturel, à savoir : tout ce qu’on va faire doit être parfait – la qualité technique notamment, dont Guy avait la responsabilité.

C.Q. : Le choix de la salle peut paraître curieux… C’était aussi un choix délibéré ?

P.J. : On s’est dit : il ne faut pas choisir une salle marginale ; il faut choisir la meilleure salle de Montréal ! Une salle commerciale, mais qui ait de la gueule. On a examiné toutes les salles et on a conclu que c’était le Loew’s qui combinait tous ces éléments-là.

R.D. : Décision qui avait beaucoup déplu à J.A. DeSève [3] !

G.L.C. : Selon mon souvenir, c’est Fernand Cadieux qui était le défenseur le plus éloquent de ce choix : la plus grande salle, la meilleure. Une démarche très radicale. Les cinéphiles pouvaient se satisfaire de projections dans un sous-sol… Il ne s’agissait plus de ça. On voulait occuper l’antre de l’industrie du cinéma.

P.J. : Et la location avait été négociée avec Bill Lester, qui dirigeait alors United Theatres, et qui fut très flatté qu’on ait décrété que le Loew’s était la salle la plus prestigieuse de Montréal ! Il a accueilli notre projet avec beaucoup de sympathie.

R.D. : La décision de passer du Loew’s à la Place des Arts en 1964, c’était aussi une proposition de Fernand Cadieux. Et c’était une bonne idée, même si, à cause du contexte syndical et des questions techniques, nous sommes retournés au Loew’s dès l’année suivante.

C.Q. : Et les dates du festival ?...

G.L.C. : Mon souvenir c’est que la compagnie Loew’s avait consulté ses registres pour savoir quelle était habituellement leur pire semaine de l’année. Or c’était toujours en août…

P.J. : Le Festival de Montréal avait par ailleurs lieu en août également. À la suite du succès du premier festival, les administrateurs du Loew’s à Toronto avaient même pensé nous confier, à Fernand et à moi, la programmation des nouvelles salles qu’ils ouvraient dans la Place Ville-Marie.

C.Q. : Parce que dès le premier festival de 1960, ce fut un succès…

R.D. : Le Loew’s avait alors plus de 3 000 places et le festival avait présenté plusieurs films à guichets fermés…

C.Q. : Y avait-il des critères de programmation ?

P.J . : On discutait beaucoup. On lisait les revues. Et certains d’entre nous, pour les besoins de leur travail, voyageaient et voyaient des films à l’étranger. Par la suite, avec l’arrivée de Rock, cela s’est systématisé et nous avons fait de véritables tournées de sélection [4]. Il y avait une ouverture évidente aux films marginaux, mais qui ont laissé leur trace, comme Hallelujah The Hills de Adolfas Mekas, ou The Cool World de Shirley Clarke. Donc, une curiosité évidente pour le cinéma indépendant. Straub-Huillet aussi ont été présentés au festival dès leurs premiers films, Machorka Muff et Nicht Versöhnt.

C.Q. : Qui programmait ? C’était collectif ?

G.L.C. : Moi, j’étais le programmateur désigné. Mais je ne faisais pas la programmation tout seul, loin de là. C’était collectif. Ce que je faisais cependant, c’était de bâtir, d’ordonner les programmes : un rôle de coordination en quelque sorte. On montrait des courts métrages dont j’étais très curieux – films expérimentaux, documentaires, films scientifiques. Mais les choix se faisaient en groupe, après beaucoup de discussions. Ainsi, le choix de Hiroshima mon amour fut quelque chose de très délibéré, alors que la Columbia-Screen Gems ne voulait pas nous donner le film. Programmer Hiroshima mon amour fut un geste politique, très conscient. Et c’est à la suite de la diffusion de la copie censurée du film, sortie en « programme double » au Français, et du scandale que cela a causé, qu’a été créée la commission Régis [5] – où siégeait Fernand Cadieux.
D’ailleurs, le président de la censure, M. Gagnon, avait décidé qu’il fallait couper Hiroshima pour la projection du festival – car nous devions soumettre les films du festival à la censure. Nous avons donc eu une réunion de deux heures avec ce M. Gagnon qui tenait mordicus à retrancher des scènes du film – celles notamment où l’on voit qu’Emmanuelle Riva porte une alliance… Mais le film était déjà inscrit au programme du festival et nous l’avons prévenu que s’il coupait quoi que ce soit, nous ne projetterions pas le film. Il était terrifié ! (Il n’était pas très brave…) C’est suite au succès de la projection au festival que Columbia a décidé de sortir le film en salle, en français au Français et en sous-titres anglais à l’Avenue, rue Greene ; au départ, ils ne trouvaient pas le film assez « commercial » et l’avaient remis à leur compagnie télé, Screen Gems. Et c’est alors que la censure a réagi ; les intellectuels du Festival, passe encore, mais le monde « ordinaire », pas question !

C.Q. : Et la réception au festival ?

G.L.C. : Le film fut reçu dans une grande excitation !

P.J. : Je pense que c’est à la sortie de Hiroshima que le gérant du Loew’s m’a dit : « We haven’t seen that since Peyton Place [6]. »

G.L.C. : Nous tenions aussi à montrer des films canadiens – comme on les appelait encore à l’époque ! Et, surtout avec Jutra, on savait bien que le cinéma canadien, ce n’était plus seulement du documentaire. Et nous souhaitions que le festival soit le lieu où lancer ce nouveau cinéma. Délibérément, on voulait mettre ces nouveaux films faits ici aux côtés des grands films étrangers du programme. Que le cinéma d’ici prenne sa place.

P.J. : Alors qu’il était clair depuis le début que le festival ne devait pas être compétitif : il n’avait pas la stature voulue, il venait après les grands festivals de Cannes, Venise et Berlin ; nous serions limités dans le choix des films, etc. Mais pour les films canadiens, là nous pouvions avoir l’exclusivité et, de plus, nous voulions appuyer ce cinéma qui naissait, le publiciser. Donner de l’éclat à la présence des films canadiens. L’Office national du film, est-il besoin de le rappeler, était d’ailleurs étroitement associé au festival. La « permissivité » de l’institution qu’était l’ONF de cette époque, permettait ce genre de complicité.

R.D. : Faut dire que le festival était une manifestation bien inscrite dans le milieu : après chaque festival, il y avait un post mortem où les principaux collaborateurs se réunissaient parfois pendant plusieurs jours avec les membres du conseil d’administration pour faire le bilan de la manifestation. Plus tard, fin octobre, début novembre, il y avait une réunion élargie avec tous les gens de cinéma et d’autres milieux…

G.L.C. : Nous avions la préoccupation de rejoindre, d’impliquer même, le milieu « agissant » du Québec de l’époque…

C.Q. : C’est donc dire que vous avez été à même, très tôt, de mesurer les effets de la manifestation…

P.J. : Il y avait eu plus de 35 000 spectateurs dès la première année, dans une seule salle. L’intérêt était donc évident. 5 000 personnes par jour au Loew’s, au moins d’août…

G.L.C. : Nous avions comme objectif de rejoindre un public très diversifié, qui avait une certaine culture générale, en lui disant que le cinéma, dorénavant, devait faire partie de cette culture générale. D’ailleurs, la Cinémathèque aussi est née dans ce contexte, dans ce bouillonnement du début des années 60…

P.J. : Nous étions allés voir Paul-Émile Lapalme, alors ministre de la Culture, pour lui parler de notre projet et des craintes que nous avions vis-à-vis la censure québécoise. Nous voulions être sûr de son appui et de celui du gouvernement. Il nous avait dit : « Allez-y, je vais vous appuyer. »

C.Q. : En plus de la censure, est-ce que la distribution et l’exploitation n’étaient pas aussi des zones un peu grises en ces années-là ?

R.D. : Ça commençait : J.A. Lapointe avait acheté les 400 coups ; Bill Hellman, chez Astral, achetait des films russes, André Pépin créait Art Films et achetait les premiers films de la Nouvelle Vague… Au mieux, en dehors des films américains, nous pouvions voir des films français dans les salles de France Film et des films britanniques à l’Avenue. Et il y avait les ciné-clubs.

G.L.C. : Mais justement, avec les 35 000 personnes qui étaient venues au premier festival, nous étions conscients que nous venions d’ouvrir un nouveau créneau de spectateurs – pas seulement des jeunes, des gens de tout âge et de milieux divers… Et à cause de ces groupes – c’était l’analyse de Fernand Cadieux – des réseaux de distribution et d’exploitation seraient créés, parce que justement il y avait désormais des gens pour les alimenter.

Il faut signaler aussi que les films étaient projetés au festival avec sous-titres. Et ça aussi, c’était peu courant. Nous faisions donc la preuve que des films étrangers – des art films ! – avec sous-titres pouvaient être projetés à Montréal et que le monde aimait ça ! Ce n’est que beaucoup plus tard que les sous-titres ont été dévalorisés aux yeux des gens, parce qu’on voulait entendre du français…

Il faut se rappeler aussi qu’il y avait simultanément une offensive à travers la télévision, où Guy Joussemet et Réal Benoît achetaient des films étrangers pour l’émission « Ciné-Club ».

P.J. : Nous étions portés par une vague. Nous sentions qu’il y avait une demande. Il y avait un besoin et nous en avions eu l’intuition. S’il n’y avait pas eu ce besoin, les gens ne seraient pas venus.

C.Q. : Y a-t-il des invités de ces premières années du festival dont vous gardez un souvenir particulier ?

R.D., P.J., G.L.C. : Kobayashi !

R.D. : Truffaut [7] aussi, qui était venu en même temps que Kobayashi, en 1961, alors qu’on avait organisé un symposium parallèlement au festival. C’est d’ailleurs Kurosawa qu’on avait invité, or il ne pouvait pas venir et, à la dernière minute, on nous a suggéré Kobayashi, qu’on ne connaissait pas mais dont le film La Condition humaine nous était connu par les revues de cinéma, par suite de sa projection à Venise.

P.J. : Tout ça s’est décidé à la dernière minute, de sorte que nous avons reçu une copie sans sous-titres… Le festival était déjà commencé quand cette copie est arrivée. Nous l’avons projetée à l’ONF, à minuit, pour 25 personnes qui ont été renversées. Le consensus était clair : il fallait projeter ce film !

G.L.C. : J’ai donc préparé un voice over sur une Moviola de l’Office et je l’ai lu moi-même au Loew’s, sans expérience et avec une installation improvisée, où je devais contrôler le volume sonore moi-même…

P.J. : Cette projection nocturne [8] avec le voice over de Guy fut un événement et Kobayashi fut transporté en triomphe dans la rue Sainte-Catherine.

R.D. : Kobayashi est revenu par la suite, notamment en 1967, en même temps que Renoir, Ford et Lang que nous avions alors réunis à Montréal.

C.Q. : Justement, pourquoi cet arrêt brutal après 1967 ?

G.L.C. : Quand est arrivé de l’Expo, en 1967, la distance parcourue depuis sept ans avait été énorme. Ce n’était plus le même Québec ! L’Expo a ouvert l’imagination de nombreux Québécois, mais il y en avait plusieurs qui, déjà, avaient fait un grand bout de chemin – pas seulement au niveau cinématographique ! Le festival n’avait plus la même justification. Il avait un autre rôle.

R.D. : Le paysage cinématographique avait changé. Les structures de distribution et d’exploitation avaient changé. Le cinéma Élysée tenait sa place, la Comédie canadienne programmait des films d’art et essai… Et les films que le Festival sélectionnait avaient désormais l’occasion de sortir normalement en salle. Et d’autres n’avaient plus besoin de nous pour entrer au pays…

G.L.C. : Le Festival n’avait plus cette fonction de combat qu’il avait eue à l’origine. La tâche à accomplir, telle qu’on pouvait la définir en 1960, avait été accomplie, en partie au moins. Il n’y avait plus la même urgence. Je crois qu’entre 1960 et 1968, nous avons vécu une période bien définie dans l’évolution de la cinématographie et quand, par notre propre décision, le festival a cessé d’exister, si c’était une institution importante qui disparaissait, on peut néanmoins dire qu’une partie vitale de son mandat avait été réalisée…

C.Q. : Êtes-vous restés amers à la suite de cette interruption, surtout après l’apothéose que constituait le grand festival de 1967 ?

G.L.C. : Personnellement, pas du tout. Je continue de penser que c’était la bonne décision.

P.J. : Je ne suis pas amer du tout, sauf que le fait qu’il y ait à nouveau un grand festival à Montréal, qui suscite beaucoup d’intérêt, fait la preuve que notre festival aurait joué un grand rôle s’il avait poursuivi ses activités. Il n’y avait pas d’autre solution à l’époque, mais c’était tout de même dommage.

R.D. : Et si ce n’avait été des remous politiques de 1968, en Europe comme ici, le Festival aurait probablement continué. Nous faisions face à une remise en question de la société, à travers tout l’Occident et un certain nombre d’institutions n’y ont pas survécu…

G.L.C. : J’aurais été amer si la Cinémathèque, plutôt que le Festival, avait cessé toute activité ! On peut se priver d’un festival ; on ne peut pas se passer de la Cinémathèque. On a besoin de sa stabilité. À partir de 1968, le monde cinématographique était constitué et on pouvait se passer du Festival. Il n’y a pas d’amertume. Le bilan était positif et les objectifs que nous avions définis en 1959 avaient été atteints.

À LIRE DANS CE DOSSIER :

Le FIFM et l’éclosion d’une culture cinématographique au Québec d’Antoine Godin

FIFM 1960-1967 : Entrevue avec Robert Daudelin d’Antoine Godin

FIFM 1960-1967 : Entrevue avec Rock Demers d’Antoine Godin

Le Chat dans le sac : Jazz et transcendance selon Gilles Groulx d’Eric Fillion

À tout prendre : Le cinéma « beat » chez Claude Jutra ou l’exil en soi d’Eric Fillion

Articles complémentaires :

L’article choc Les Dessous de la censure d’André Lussier paru pour la première fois en 1960 dans Cité Libre.

Aimez-vous Vajda ?, article d’Arthur Lamothe publié au lendemain du Festival en octobre 1960 dans Cité Libre.

Notes

[1Robert Daudelin fit lui-même partie de l’équipe du Festival de 1963 à 1968 ; d’abord adjoint de Rock Demers à la programmation, il fut par la suite également responsable du festival compétitif du cinéma canadien

[2Le conseil d’administration était doublé d’un comité d’organisation où l’on retrouvait Pierre Juneau, Fernand Cadieux et Guy L. Coté et où travaillaient également Germain Cadieux, Arthur Lamothe, Jacques Lamoureux et Jean-François Pelletier

[3Président-directeur général de France Film et propriétaire du Saint-Denis.

[4Ultérieurement, le festival bénéficia de l’apport de collaborateurs-éclaireurs à l’étranger : Gian-Vittorio Baldi en Italie ; Louis Marcorelles, André Martin et Claude Nedjar en France ; Marshall Lewis et Rudi Franchi aux États-Unis ; Walter Achugar en Uruguay.

[5Le « comité provisoire pour l’étude du cinéma dans la province de Québec » présidé par le père Régis, dominicain.

[6Mélodrame de Mark Robson (États-Unis 1957) mettant en vedette Lana Turner

[7Dont la présence au Festival fait l’objet d’une séquence d’À tout prendre de Claude Jutra (N.D.L.R.)

[8Au cinéma Loew’s, en août 1961

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